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Talen

La réassurance (JF Walhin)

La réassurance

par Jean-François Walhin, éditions Larcier – Revue de la deuxième édition (2011)

Le succès de la première édition de cet ouvrage sur la réassurance ayant dépassé les attentes, une réédition s’imposait. Que faire dans ce cas ? Opter pour une réédition pure et simple, ou remettre l’ouvrage sur le métier ? On ne peut que se réjouir que l’auteur ait retenu la deuxième option.

Faut-il s’étonner du succès de cette première édition ? Certainement pas au vu de la nature très didactique de l’ouvrage, encore moins lorsqu’on examine le curriculum vitae de l’auteur de plus près ; Jean-François Walhin combine en effet des expériences de responsable de la réassurance, de réassureur, de courtier en réassurance, d’enseignement au niveau universitaire et d’auteur d’articles scientifiques. Qui mieux que lui pouvait combiner théorie et pratique, principes et pratiques, rigueur et didactique ? En revisitant son livre, l’auteur ne s’est pas contenté d’enrichir certains chapitres, il a également décidé d’en introduire trois nouveaux : le chapitre 12 traite de la distribution de Pareto, le chapitre 15 de la directive réassurance, directement suivi par le chapitre 16 sur la titrisation.

Pas de réassurance sans modélisation, pas de modélisation sans probabilités et statistiques. Une des variables qui intéresse les réassureurs est celle du coût du sinistre, en particulier du coût des grands sinistres. Comme les observations sont souvent rares voire manquantes, le recours à une distribution de probabilité est indispensable. La distribution de Pareto (chapitre 12) a pour vocation de décrire les grands sinistres au sens des probabilités : elle permet d’associer à chaque montant de grand sinistre une probabilité de le dépasser. La loi de Pareto est bien connue des réassureurs, et ce depuis longtemps, d’une part car elle est aisée à manipuler mathématiquement parlant, et d’autre part parce qu’elle a tendance à être sévère, en d’autres termes à donner des probabilités importantes de grand sinistre, et par conséquent des primes de réassurance prudentes. La loi de Pareto et ses applications, entre autre pour les cotations des traités en excédent de sinistres, n’auront plus aucun secret pour le lecteur ayant achevé la lecture du chapitre 12. Il convient de mentionner la discussion très complète à propos de l’approximation des primes de réassurance via le Risk Rate on Line .

Mais l’auteur ne s’arrête pas là. Jean-François Walhin passe en revue l’essentiel des distributions de probabilité utiles en réassurance, et a la bonne idée d’initier le lecteur à la théorie des valeurs extrêmes. Comme son nom l’indique, cette théorie récente s’intéresse aux événements extrêmes, en particulier leur distribution de probabilité. Dès lors quoi de plus normal de trouver de plus en plus d’applications de cette théorie en réassurance. Au chapitre 14, l’auteur aborde une problématique de taille, celui du contrôle de la réassurance. Depuis 2007, année de la publication de la première édition, l’eau a coulé sous les ponts belges et la transposition de la directive européenne relative à la réassurance en droit belge a vu le jour en 2009.

On peut dire qu’il était temps puisque contrairement à de nombreux autres pays européens, le Belgique ne disposait d’aucun contrôle sur la réassurance. C’est chose faite aujourd’hui et c’est aspect des choses méritait assurément un nouveau chapitre dans cet ouvrage. A côté de la réassurance classique, la directive réassurance traite aussi de la réassurance finite, technique aux confins de la réassurance, qui a valu des problèmes à certains assureurs ayant utilisé cette technique à des fins de maquillage de bilan, ainsi que de la titrisation, autre technique de réassurance non-traditionnelle. L’auteur regrette à raison que la directive soit restée très générale dans ces matières, échouant ainsi dans son effort harmonisation. La Commission Européenne a en effet ouvert la porte à des régimes potentiellement fort différents entre les états membres, en laissant l’opportunité à ces derniers d’établir des dispositions supplémentaires, ce qui n’est par ailleurs pas le cas en Belgique.

Notons que l’introduction de ce contrôle de la réassurance requière des réassureurs qu’ils se préparent aux nouvelles normes de solvabilité II, tout comme les assureurs. Il convient de souligner que si un contrôle uniforme de la réassurance n’existait pas d’un point de vue légal, un contrôle de fait existe par contre, celui des agences de notation. Le contrôle de la réassurance ne prendra probablement pas le dessus sur les agences de notations, mais il offre l’avantage de proposer à tout le moins une alternative aux assureurs pour se forger une opinion de la solidité financière de leurs réassureurs.

La titrisation des risques d’assurance fait l’objet du chapitre 15. Cette technique née en 1992 suite à la survenance de l’Ouragan Andrew, est en plein développement. Un ouvrage sur la réassurance ne pouvait donc passer cette technique sous silence. La titrisation permet de transférer des risques aux marchés financiers. Si cette technique est née dans le monde bancaire, on perçoit immédiatement l’intérêt pour les assureurs également ; plutôt que de disposer des capacités financières des réassureurs traditionnels, cette technique leur ouvre les portes des marchés financiers, aux capacités ô combien plus importantes. Or force est de constater que les besoins en réassurance, en particulier des catastrophes naturelles, sont en constante augmentation. Il suffit de penser à l’augmentation continue de l’accumulation de valeurs assurées dans des zones à risque comme la Californie, la Floride ou le Japon pour ne citer que ces trois régions-là, ou encore à la pénétration de l’assurance en croissance permanente dans certains pays émergents eux-mêmes confrontés à des périls catastrophiques. A cela s’ajoutent les effets plus que probables du réchauffement climatique sur certains risques catastrophiques. Cette liste n’est pas exhaustive mais la conclusion est claire, le marché a besoin de plus en plus de capitaux en réassurance. La titrisation a donc clairement un rôle à jouer, et ce à deux niveaux : soit elle offre une alternative à la réassurance traditionnelle, par exemple en période haute du cycle des prix de réassurance, soit elle vient en complément. La crise de crédits dit subprime a jeté l’opprobre sur la technique de la titrisation.

Et c’est vrai que cette technique a joué un rôle majeur dans la diffusion de ces risques dans le monde entier. Mais s’il est clair que la technique a parfois été utilisée a mauvais escient, il n’en reste pas moins que c’est l’usage que l’on en a fait qui a posé problème, pas la technique elle même. Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En pratique, si 2008 et 2009 ont vu un net ralentissement des titrisations de risques d’assurance, les opérations ont repris de plus belle par après et on peut à nouveau observer une croissance de ce marché telle qu’observée avant 2008. Il serait réducteur de limiter la titrisation aux risques de catastrophes naturelles, l’auteur parcoure d’ailleurs les autres types de titrisation en assurance, exemples à l’appui.

Comme dans l’édition précédente, le dernier chapitre traite des perspectives en réassurance. Cinq ans plus tard, celles-ci ont bien entendu évolué. L’auteur y aborde entre autre les normes Solvabilité II, et pointe du doigt la mauvaise reconnaissance de l’impact de la réassurance non-proportionnelle dans la formule standard des normes solvabilité II. Son analyse du business model ne conclut pas à une solution optimale mais indique que le marché devrait continuer à voir se côtoyer différents types de réassureur, se différentiant entre autres par la taille.

Enfin, Jean-François Walhin souligne l’importance de la réassurance pour la création de valeur économique en assurance, par le biais de l’éclatement des risques. Autrement dit, grâce à la diversification des risques que permet la réassurance, les assureurs peuvent économiser du capital et donc d’améliorer leur rendement.

Nul doute que cette deuxième édition permettra à nouveau à des non-initiés de découvrir de fort belle manière le monde méconnu mais passionnant de la réassurance. Pour les lecteurs déjà plus au fait de la matière, les chapitres plus techniques rencontreront assurément leurs attentes également.

Philippe De Longueville
Member of the Executive Board Secura
Vice président de l’Institut des Actuaires en Belgique

 
 
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